Perspectives 2026 : l'analyse de Matthias Baccino pour Trade Republic
Dans ce live du 30 décembre, Matthias Baccino, figure de l'éducation financière et représentant de Trade Republic en France, partage son analyse approfondie des perspectives économiques et boursières pour 2026. Fort de ses lectures des rapports de JP Morgan, Goldman Sachs, Morgan Stanley, BNP Paribas, du FMI, de la BCE et de la Fed, il offre une vision complète des opportunités et des risques à venir.
Sommaire
Plan de l'article
01
Vue d'ensemble : un contexte globalement favorable
02
Les indicateurs économiques mondiaux à surveiller
03
États-Unis : entre opportunités et tensions
04
Chine : à la croisée des chemins
05
Europe : les plans de relance décisifs
06
Les secteurs porteurs identifiés pour 2026
07
Petites et moyennes valeurs : l'année du rebond ?
08
La diversification comme stratégie clé
09
Marchés émergents : un potentiel sous-estimé
10
France : priorités et vigilance nécessaire
11
Les risques systémiques à anticiper
12
Intelligence artificielle : l'adoption comme catalyseur
13
Or, cryptomonnaies et actifs alternatifs
14
Recommandations pratiques pour 2026
15
Conclusion : rester vigilant et diversifié
Section 1
Vue d'ensemble : un contexte globalement favorable
Matthias Baccino commence son analyse avec un constat encourageant : l'année 2026 s'annonce sous de bons auspices économiques. Les prévisions convergent vers une croissance mondiale soutenue, portée par des fondamentaux solides dans les principales zones géographiques. Cette dynamique positive devrait bénéficier tant aux États-Unis qu'à l'Europe et à la Chine, créant un environnement propice aux investissements.
Les analystes anticipent une progression des bénéfices des entreprises, facteur déterminant pour la valorisation boursière. Cette amélioration des résultats devrait s'accompagner d'une poursuite de la baisse des taux directeurs aux États-Unis, facilitant le refinancement des entreprises et soutenant la consommation. La Fed se trouve à un taux actuellement considéré comme neutre à 2% en Europe, et sa politique monétaire reste un élément central à surveiller.
Facteurs positifs attendus
  • Croissance économique au rendez-vous
  • Hausse des bénéfices des entreprises
  • Poursuite de la baisse des taux aux États-Unis
  • Normalisation des chaînes de valeur
  • Adoption accrue de l'intelligence artificielle
Prévisions de performance
  • Marchés européens : +10 à 15%
  • Marchés américains : environ +10%
  • Marchés chinois : incertitudes persistantes
  • Volatilité émotionnelle probable
  • Diversification cruciale
Un élément particulièrement positif concerne l'accalmie attendue sur le front de la guerre commerciale. Après les perturbations majeures des années précédentes, une normalisation progressive des échanges internationaux permettrait aux entreprises de mieux planifier leurs approvisionnements et leurs investissements. Cette stabilisation des chaînes de valeur mondiales constitue un facteur de confiance majeur pour les acteurs économiques.
L'intelligence artificielle représente un autre pilier de l'optimisme ambiant. Au-delà des investissements massifs déjà réalisés dans les infrastructures, 2026 devrait marquer une accélération de l'adoption de l'IA par les entreprises de tous secteurs. Cette diffusion technologique promet des gains de productivité substantiels, susceptibles de compenser d'autres pressions économiques et de stimuler la croissance à moyen terme.
Section 2
Les indicateurs économiques mondiaux à surveiller
Malgré ce tableau globalement positif, Matthias Baccino insiste sur l'importance de rester vigilant face à plusieurs risques identifiés. Le premier d'entre eux concerne le retour potentiel de l'inflation, particulièrement aux États-Unis. Cette menace pèse lourdement sur les perspectives, car une résurgence inflationniste pourrait contraindre la Fed à interrompre ou ralentir son cycle de baisse des taux, avec des conséquences négatives en cascade.
L'expert souligne également l'importance cruciale de trois plans de relance budgétaire majeurs : le soutien américain aux consommateurs et aux entreprises, le programme allemand de 500 milliards d'euros, et les mesures de stimulation chinoises. L'efficacité de ces interventions publiques déterminera en grande partie la solidité de la reprise économique mondiale. Un échec de ces plans retirerait l'un des principaux moteurs de croissance anticipés.
1
Inflation aux États-Unis
Surveiller comme le lait sur le feu. Si elle repart à la hausse début 2026, cela pourrait bloquer la Fed et casser le scénario de hausse des marchés. Les augmentations de salaire liées à la croissance pourraient raviver les tensions inflationnistes.
2
Politique de la Fed
La banque centrale américaine est coincée entre une inflation élevée et un marché du travail qui se dégrade. Sa capacité à baisser les taux au premier trimestre 2026 sera déterminante pour soutenir l'emploi et la croissance.
3
Efficacité des plans de relance
États-Unis, Allemagne et Chine : si ces plans massifs ne produisent pas les résultats escomptés, les marchés perdront un soutien majeur. L'Allemagne injecte 500 milliards d'euros dans ses infrastructures et entreprises.
4
Adoption de l'IA
Pour obtenir 1% de croissance annuelle supplémentaire en Europe grâce à l'IA, 70% des entreprises doivent l'avoir intégrée. Actuellement, seules 10% des petites et 30% des grandes entreprises l'ont fait.
La situation se complique par le fait que les marchés se trouvent actuellement à des niveaux historiquement élevés. Statistiquement, cette position expose à un risque de correction. Matthias Baccino observe également un paradoxe intéressant : alors que les fondamentaux économiques apparaissent solides, le moral des investisseurs reste très volatile, perturbé par les incertitudes géopolitiques et les ruptures technologiques majeures en cours.
Cette volatilité émotionnelle pourrait conduire à des comportements erratiques des marchés en 2026, même si les données économiques restent positives. L'expert recommande donc de suivre attentivement plusieurs indicateurs clés : l'évolution de l'inflation américaine, les décisions de politique monétaire de la Fed, la performance économique chinoise, et les résultats trimestriels des entreprises non technologiques pour évaluer la diffusion réelle de l'intelligence artificielle dans l'économie.
Section 3
États-Unis : entre opportunités et tensions
La Fed au cœur des enjeux
La Réserve fédérale américaine se trouve dans une position délicate qui influencera considérablement l'année 2026. Coincée entre la nécessité de soutenir un marché du travail qui se dégrade et le risque de raviver l'inflation en baissant trop rapidement les taux, la Fed doit naviguer avec précision.
Matthias Baccino identifie la nomination du futur président de la Fed par Donald Trump comme un moment potentiellement crucial. Cette décision pourrait avoir des répercussions majeures sur la confiance des marchés et la crédibilité de l'institution, deux éléments fondamentaux pour la stabilité économique mondiale.
L'économie américaine présente plusieurs caractéristiques qui méritent une attention particulière. D'une part, les investissements massifs dans l'intelligence artificielle ont littéralement permis d'éviter une récession en 2025. Ces milliers de milliards de dollars injectés dans les infrastructures d'IA ont soutenu l'activité à un moment où, selon les cycles économiques habituels, une contraction aurait dû survenir. Cette situation exceptionnelle soulève des questions sur la durabilité de ce modèle.
D'autre part, la performance des marchés américains en 2025 a été largement concentrée sur quelques entreprises technologiques géantes. Les hyperscalers et les créateurs de modèles d'IA ont tiré l'ensemble du marché vers le haut, masquant les difficultés d'autres secteurs. Pour que 2026 soit une année réussie, il faudra absolument que cette performance s'élargisse à davantage d'entreprises et de secteurs d'activité.
Risque inflationniste
Reprise salariale + croissance = possible retour de l'inflation
Dilemme de la Fed
Baisser les taux pour l'emploi mais attention à l'inflation
Élargissement nécessaire
Performance doit s'étendre au-delà de la tech
Le dollar constitue un autre élément d'incertitude majeur. En 2025, la monnaie américaine a perdu environ 15% de sa valeur face à l'euro, sous l'effet de la politique économique de Donald Trump. Cette dévaluation a des conséquences multiples : elle rend les exportations européennes moins compétitives aux États-Unis, elle réduit la performance des ETF américains non couverts pour les investisseurs européens, mais elle pourrait aussi alimenter l'inflation importée américaine.
La trajectoire du dollar en 2026 reste très incertaine. Personne ne peut prédire avec certitude si la devise américaine se renforcera ou continuera de s'affaiblir. Cette incertitude plaide en faveur de l'utilisation d'ETF couverts contre le risque de change pour les investisseurs européens souhaitant s'exposer au marché américain sans subir les variations de l'euro-dollar.
Section 4
Chine : à la croisée des chemins
La situation chinoise représente l'une des grandes inconnues de 2026 selon Matthias Baccino. Après avoir déçu en 2025, la deuxième économie mondiale a montré des signes d'amélioration en fin d'année, notamment grâce au retour en force des champions technologiques chinois et à de meilleures performances économiques globales. Cependant, des défis structurels majeurs persistent et suscitent l'inquiétude.
Le secteur immobilier chinois traverse une crise profonde qui illustre ces difficultés. Les ventes immobilières ont chuté de 60% en 2025, tandis que la construction s'est effondrée de 80%. Cette contraction brutale affecte non seulement le secteur lui-même, mais également les banques régionales qui y sont fortement exposées, et l'ensemble de l'économie tant l'immobilier pèse lourd dans le PIB chinois. La dette des entreprises et la fragilité de certaines banques régionales constituent des points de vulnérabilité significatifs.
Défis structurels
  • Ventes immobilières : -60%
  • Construction : -80%
  • Endettement des entreprises élevé
  • Banques régionales fragiles
  • Vieillissement de la population
  • Guerre commerciale avec les États-Unis
Points positifs
  • Retour des champions de la tech
  • Amélioration économique fin 2025
  • Capacité de relance budgétaire
  • Contournement guerre commerciale
  • Innovation technologique
  • Marchés émergents attractifs
Enjeu 2026
La Chine dispose des moyens financiers pour une relance budgétaire massive. Si elle réussit à soutenir efficacement son économie tout en contournant les restrictions américaines, elle pourrait surprendre positivement. L'issue de cette équation complexe déterminera en partie la santé des marchés mondiaux.
Au-delà de l'immobilier, la Chine fait face à un défi démographique considérable avec le vieillissement rapide de sa population. Ce phénomène pèse sur la consommation intérieure et nécessite des ajustements économiques profonds. Dans le même temps, les tensions commerciales avec les États-Unis obligent les entreprises chinoises à repenser leurs chaînes d'approvisionnement et leurs stratégies d'exportation.
Néanmoins, Matthias Baccino identifie plusieurs raisons d'espérer une bonne performance chinoise en 2026. Les progrès technologiques réalisés par les entreprises chinoises leur permettent de moins dépendre des importations américaines. Les stratégies de contournement développées face à la guerre commerciale commencent à porter leurs fruits. Surtout, la Chine dispose d'une capacité de relance budgétaire considérable et ne manquera pas de l'utiliser si nécessaire.
Le scénario optimal pour 2026 impliquerait que la Chine réussisse sa relance économique pendant que les États-Unis poursuivent leur baisse des taux sans retour de l'inflation. Cette combinaison créerait un environnement très favorable pour les marchés mondiaux. À l'inverse, un échec chinois couplé à une résurgence inflationniste américaine constituerait le pire scénario possible pour les investisseurs.
Section 5
Europe : les plans de relance décisifs
L'Europe entre dans une phase potentiellement déterminante en 2026 avec plusieurs initiatives majeures qui pourraient transformer son paysage économique. Le plan de relance allemand, d'un montant colossal de 500 milliards d'euros, constitue la pierre angulaire de cette stratégie. Ce programme vise à moderniser les infrastructures allemandes et à renforcer la compétitivité des entreprises du pays, avec des répercussions attendues sur l'ensemble du continent.
La portée de l'investissement allemand dépasse largement les frontières nationales. En tant que locomotive économique de l'Europe, l'Allemagne entraîne traditionnellement ses partenaires commerciaux dans sa dynamique. Des investissements massifs dans les infrastructures, la transition énergétique et la digitalisation bénéficieront aux fournisseurs et sous-traitants de toute l'Europe. Cette relance pourrait particulièrement profiter aux secteurs de la construction, de l'énergie et des technologies.
Plan allemand
500 milliards d'euros d'investissement dans les infrastructures et les entreprises. Impact attendu sur toute l'Europe via les chaînes d'approvisionnement et la demande régionale.
Réindustrialisation
L'Europe mise sur le retour de l'industrie sur son sol. Secteurs porteurs : infrastructures, énergie, production. Opportunités pour les petites et moyennes entreprises européennes.
Transition énergétique
Électrification de l'économie en marche forcée. Le nucléaire et les renouvelables bénéficient d'investissements importants. Les data centers IA nécessitent une puissance électrique considérable.
La réindustrialisation de l'Europe représente un autre axe majeur pour 2026. Après des décennies de délocalisation, le continent cherche à rapatrier certaines productions stratégiques et à développer de nouvelles capacités industrielles, notamment dans les technologies vertes et l'électronique. Cette tendance devrait créer des opportunités pour les entreprises européennes capables de se positionner sur ces créneaux.
Matthias Baccino souligne également le contexte monétaire favorable en Europe. Avec des taux directeurs déjà revenus à un niveau neutre de 2%, la Banque centrale européenne dispose d'une marge de manœuvre pour soutenir l'économie si nécessaire. Cette situation contraste avec celle des États-Unis où les taux restent plus élevés et où les marges de manœuvre apparaissent plus limitées.
Les petites et moyennes entreprises européennes pourraient particulièrement bénéficier de ce contexte. Sous-valorisées depuis des années par rapport à leurs homologues américaines, elles présentent un potentiel de rattrapage important. Les analystes interrogés par Matthias Baccino placent souvent plus d'espoirs dans les PME européennes que dans les grandes capitalisations, considérant qu'elles offrent un meilleur rapport qualité-prix et davantage de potentiel de croissance.
Section 6
Les secteurs porteurs identifiés pour 2026
Matthias Baccino identifie plusieurs secteurs susceptibles de surperformer en 2026, en s'appuyant sur les analyses convergentes des principales institutions financières mondiales. L'électrification et l'énergie arrivent en tête de liste. La transition énergétique mondiale s'accélère, portée par les besoins croissants en électricité des data centers d'intelligence artificielle et par les objectifs climatiques des États. Le nucléaire et les énergies renouvelables devraient continuer à attirer des investissements massifs.
Le secteur des semi-conducteurs reste un pilier essentiel de l'économie numérique. Malgré les tensions géopolitiques et les restrictions commerciales, la demande pour ces composants critiques ne faiblit pas. Les entreprises capables de produire des puces performantes pour l'IA, les véhicules électriques et les équipements électroniques grand public conservent un avantage stratégique majeur. Les matières premières industrielles nécessaires à leur fabrication, comme l'argent et le cuivre, devraient également bénéficier de cette dynamique.
Électrification et énergie
Nucléaire, renouvelables, infrastructures électriques. Les besoins en puissance des data centers IA créent une demande massive. Transition énergétique mondiale en accélération constante.
Semi-conducteurs
Demande soutenue pour l'IA, véhicules électriques, électronique. Enjeux géopolitiques autour de la production. Technologies de pointe en constante évolution.
Robotique
Automatisation croissante dans l'industrie et les services. Technologies matures prêtes pour déploiement massif. Applications variées de la logistique à la santé.
Informatique quantique
Rupture technologique potentielle majeure. Investissements importants des géants technologiques. Applications prometteuses en cryptographie, simulation, optimisation.
Infrastructures
Plans de relance américain et allemand massifs. Rénovation et modernisation nécessaires. Construction, matériaux, ingénierie en première ligne.
Santé
Secteur sous-valorisé depuis plusieurs années. Vieillissement démographique dans pays développés. Innovations biotechnologiques et pharmaceutiques continues.
Deux secteurs émergents retiennent particulièrement l'attention de Matthias Baccino : la robotique et l'informatique quantique. La robotique atteint aujourd'hui un degré de maturité qui permet son déploiement à grande échelle dans de nombreux secteurs, de la logistique à la santé en passant par l'industrie manufacturière. Les gains de productivité attendus justifient les investissements croissants dans ce domaine.
L'informatique quantique, bien que plus spéculative, pourrait connaître des avancées décisives en 2026. Les géants technologiques investissent massivement dans cette technologie qui promet de révolutionner le calcul informatique. Si des applications commerciales viables émergent, le secteur pourrait connaître une croissance explosive. Toutefois, Matthias Baccino recommande la prudence, soulignant qu'il s'agit d'un pari à long terme avec des risques substantiels.
Le secteur de la santé mérite également une attention particulière. Sous-valorisé depuis plusieurs années par rapport à la technologie, il présente un potentiel de rattrapage intéressant. Le vieillissement démographique dans les pays développés garantit une demande croissante pour les services de santé, les médicaments et les dispositifs médicaux. Les innovations en biotechnologie et l'utilisation croissante de l'IA pour le diagnostic et le développement de médicaments offrent des perspectives de croissance attrayantes.
Enfin, le secteur de la défense continue malheureusement d'offrir des perspectives favorables dans un contexte géopolitique tendu. Le réarmement des États européens et les programmes militaires américains soutiennent les entreprises du secteur. Matthias Baccino précise qu'il s'agit évidemment d'une mauvaise nouvelle à moyen terme pour la paix mondiale, mais que les réalités économiques à court terme ne peuvent être ignorées par les investisseurs.
Section 7
Petites et moyennes valeurs : l'année du rebond ?
Une décennie de sous-performance
Les petites et moyennes entreprises ont considérablement sous-performé les grandes capitalisations depuis environ dix ans. Cette situation anormale s'explique par une succession de crises : le Covid-19, la hausse brutale des taux d'intérêt particulièrement pénalisante pour les PME, et les incertitudes géopolitiques qui ont favorisé les valeurs refuges de grande taille.
Matthias Baccino identifie 2026 comme l'année potentielle du retour des petites et moyennes valeurs. Plusieurs facteurs plaident en ce sens. Historiquement, les PME surperformment les grandes capitalisations sur le long terme, car elles incluent les futures grandes entreprises en phase de forte croissance. Cette prime de croissance a disparu ces dernières années, créant une opportunité de rattrapage significative.
La baisse des taux directeurs constitue un catalyseur majeur pour les PME. Ces entreprises dépendent davantage du crédit bancaire que les grandes capitalisations qui peuvent se financer sur les marchés obligataires. Des taux plus bas réduisent leurs coûts de financement et améliorent leur rentabilité. De plus, les plans de relance budgétaires américain et allemand devraient particulièrement bénéficier aux PME locales qui en seront les sous-traitantes.
1
2015-2024
Décennie difficile pour les PME. Crise Covid, hausse des taux, incertitudes géopolitiques. Une seule année de surperformance du Russell 2000 vs S&P 500.
2
Fin 2024
Premiers signes de rebond. Baisse fiscale votée par le Congrès américain. Anticipation de la baisse des taux de la Fed favorable aux PME.
3
2026
Année attendue du retour des PME. Taux plus bas, plans de relance, valorisations attractives. Europe et États-Unis offrent des opportunités.
4
Long terme
Normalisation probable du différentiel de performance. Les PME redeviennent un pilier de diversification. Potentiel de croissance supérieur retrouvé.
Aux États-Unis, l'indice Russell 2000, qui regroupe les petites et moyennes capitalisations américaines, a montré des signes de réveil fin 2025. Les mesures fiscales votées par le Congrès devraient soutenir ces entreprises. Si la Fed poursuit sa politique de baisse des taux, le Russell 2000 pourrait enfin surperformer le S&P 500 après une décennie de retard, une situation anormale qui appelle une correction.
En Europe, le potentiel apparaît encore plus important selon Matthias Baccino. Les PME européennes sont moins chères que leurs homologues américaines, offrant un meilleur point d'entrée. Le plan de relance allemand et les investissements dans la réindustrialisation européenne devraient directement profiter à ces entreprises. De nombreux gérants et analystes interrogés placent leurs plus grands espoirs dans les petites et moyennes valeurs européennes pour 2026.
Cette opportunité sur les PME soulève une question cruciale pour les investisseurs en ETF : la diversification géographique et par capitalisation. Un investisseur concentré sur le MSCI World, dont 72% sont des grandes capitalisations américaines, passerait complètement à côté de ce potentiel de rebond des PME. Matthias Baccino insiste sur la nécessité d'élargir son allocation pour capturer cette performance attendue.
Section 8
La diversification comme stratégie clé
Le thème central du message de Matthias Baccino pour 2026 se résume en un mot : diversification. Face aux multiples incertitudes et opportunités identifiées, une allocation d'actifs bien répartie devient plus importante que jamais. L'expert critique vivement la concentration excessive de nombreux portefeuilles sur le MSCI World, un indice qui offre une illusion de diversification mondiale mais reste en réalité largement dominé par les grandes capitalisations technologiques américaines.
Les chiffres sont éloquents : le MSCI World contient 72% d'actions américaines, principalement des géants de la tech. Cette concentration a certes fonctionné en 2025 grâce à la performance exceptionnelle de quelques entreprises d'intelligence artificielle, mais ce modèle ne peut probablement pas se reproduire en 2026. Une année boursière entière portée par quelques entreprises constitue une anomalie historique qui appelle une normalisation.
Limites du MSCI World
  • 72% d'actions américaines
  • Dominé par grandes tech
  • Peu de PME représentées
  • Pas de marchés émergents
  • Europe sous-représentée
  • Concentration sectorielle
Alternative : MSCI ACWI
  • Plus diversifié géographiquement
  • Inclut marchés émergents
  • Meilleure répartition capitalisation
  • Diversification sectorielle supérieure
  • Équilibre géographique
  • Exposition mondiale réelle
Stratégie recommandée
Combiner plusieurs ETF pour une vraie diversification : un indice monde large, un ETF Europe (Eurostoxx 600), un ETF PME, un ETF marchés émergents. Adapter les pondérations selon convictions et profil de risque.
Matthias Baccino recommande d'explorer des alternatives comme le MSCI ACWI (All Country World Index) qui offre une diversification géographique supérieure, ou le FTSE All World. Ces indices incluent davantage de marchés émergents et offrent une meilleure représentation de l'économie mondiale réelle. Cependant, même ces indices larges peuvent nécessiter des compléments pour capturer certaines opportunités spécifiques.
La diversification géographique constitue le premier pilier de cette stratégie. Outre les États-Unis, l'Europe mérite une place significative dans les portefeuilles, notamment via des ETF comme l'Eurostoxx 600 qui regroupe les principales entreprises européennes. L'exposition aux marchés émergents, absente de nombreux portefeuilles, devient également recommandée pour 2026, avec un accent particulier sur la Chine, l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud.
La diversification par taille de capitalisation représente le second pilier essentiel. Ajouter une exposition spécifique aux petites et moyennes valeurs, via des ETF dédiés comme ceux suivant le Russell 2000 aux États-Unis ou des indices PME européens, permettra de capturer le potentiel de rebond attendu sur ce segment. Cette dimension de la diversification a été largement négligée ces dernières années mais pourrait faire toute la différence en 2026.
La diversification sectorielle complète cette approche. Alors que la technologie et l'intelligence artificielle ont dominé en 2025, 2026 devrait voir d'autres secteurs prendre le relais : l'énergie, la santé, l'industrie, les infrastructures. Une allocation équilibrée entre ces différents secteurs permettra de ne pas dépendre d'un seul moteur de performance et de réduire la volatilité globale du portefeuille.
Matthias Baccino promet de consacrer une attention particulière à cette question de la diversification en 2026, avec des contenus pédagogiques réguliers pour aider les investisseurs à mieux répartir leurs actifs. Il insiste sur le fait que cette diversification s'applique quel que soit le montant investi : les principes restent valables que l'on dispose de 1000 euros ou de 100000 euros à investir.
Section 9
Marchés émergents : un potentiel sous-estimé
Les marchés émergents représentent une opportunité particulièrement intéressante pour 2026 selon Matthias Baccino. Après avoir été délaissés par de nombreux investisseurs pendant plusieurs années, ces marchés montrent des signes de renouveau qui méritent l'attention. La tendance amorcée fin 2025 devrait se poursuivre, avec une augmentation de l'allocation aux marchés émergents dans les portefeuilles des grands investisseurs institutionnels mondiaux.
Plusieurs facteurs plaident en faveur des marchés émergents. Premièrement, leurs valorisations apparaissent attractives par rapport aux marchés développés. Après des années de sous-performance, de nombreuses entreprises de qualité se négocient à des multiples de bénéfices inférieurs à leurs homologues américaines ou européennes, créant une opportunité de rattrapage. Cette décote reflète moins des fondamentaux économiques détériorés qu'une aversion au risque excessive des investisseurs.
Chine
Deuxième économie mondiale avec champions tech en reprise. Plan de relance budgétaire important. Risques : immobilier, démographie, géopolitique.
Inde
Croissance démographique favorable, économie dynamique. Réformes structurelles en cours. Secteur technologique très développé. Population jeune et qualifiée.
Brésil
Ressources naturelles abondantes, agriculture leader mondial. Marché intérieur important. Secteur financier développé. Potentiel dans énergies vertes.
Afrique du Sud
Porte d'entrée du continent africain. Secteur minier important, infrastructures relativement développées. Opportunités dans services financiers.
Deuxièmement, les marchés émergents bénéficient souvent davantage des cycles de baisse des taux que les marchés développés. Une politique monétaire accommodante aux États-Unis et en Europe tend à favoriser les flux de capitaux vers les marchés émergents, à la recherche de rendements plus élevés. Si la Fed poursuit effectivement sa baisse des taux en 2026, les devises et les actions des pays émergents pourraient s'apprécier significativement.
La Chine occupe évidemment une place centrale dans cette catégorie. Malgré les défis structurels évoqués précédemment, la deuxième économie mondiale dispose d'atouts considérables : une capacité d'innovation technologique prouvée, des champions industriels mondiaux, et surtout des moyens financiers quasi-illimités pour soutenir son économie. Une relance budgétaire réussie pourrait transformer rapidement le sentiment des investisseurs envers le marché chinois.
L'Inde représente un autre pôle d'attraction majeur. Avec une démographie favorable, une classe moyenne en expansion rapide, et un secteur technologique dynamique, l'Inde offre des perspectives de croissance à long terme particulièrement attractives. Le pays bénéficie également de relocalisations d'activités manufacturières, les entreprises cherchant à diversifier leurs approvisionnements au-delà de la Chine.
Le Brésil et l'Afrique du Sud complètent le tableau des principaux marchés émergents à considérer. Le Brésil, riche en ressources naturelles et disposant d'un marché intérieur important, pourrait bénéficier de la demande mondiale en matières premières et produits agricoles. L'Afrique du Sud, malgré ses défis domestiques, reste la principale économie du continent africain et une porte d'entrée vers les opportunités de ce marché en développement.
Matthias Baccino recommande d'aborder les marchés émergents avec une allocation modérée mais significative, représentant typiquement entre 10% et 20% d'un portefeuille diversifié. Des ETF diversifiés sur les marchés émergents permettent d'accéder à cette classe d'actifs sans avoir à sélectionner des pays ou des entreprises individuelles, réduisant ainsi les risques spécifiques tout en capturant le potentiel de croissance global.
Section 10
France : priorités et vigilance nécessaire
La situation française préoccupe particulièrement Matthias Baccino, qui ne mâche pas ses mots concernant la gestion économique actuelle du pays. Le principal indicateur à surveiller selon lui est le taux à 10 ans des obligations d'État françaises, récemment monté au-dessus de 3,60%. Ce niveau élevé signale une méfiance croissante des marchés envers la capacité de la France à gérer ses finances publiques de manière responsable.
Le risque d'un cercle vicieux devient réel. Si les taux continuent d'augmenter, la France devra consacrer une part croissante de son budget au remboursement de sa dette, au détriment des investissements productifs déjà insuffisants. Cette situation pourrait conduire à une panique de l'épargne, les Français épargnant encore davantage par précaution, réduisant ainsi la consommation et pénalisant les entreprises. L'absence de capacité d'investissement public aggraverait alors la situation économique.
Le déficit réel des retraites
Matthias Baccino dénonce le mensonge collectif autour du système de retraites français. Contrairement aux chiffres officiels largement relayés, le déficit réel du système atteindrait au moins 50 milliards d'euros annuels, représentant la moitié de la dette contractée par la France ces quinze dernières années. Cette situation n'est tout simplement pas soutenable.
Les montants de retraites communiqués aux futurs retraités sont, selon lui, largement surestimés. Le système actuel par répartition repose sur un équilibre démographique et économique qui n'existe plus. Face à cette réalité, il devient impératif pour chaque Français, quel que soit son âge, de préparer sa retraite par des investissements personnels. C'est selon Matthias Baccino la priorité absolue pour 2026.
Cependant, l'appartenance de la France à la zone euro offre une protection significative. La Banque centrale européenne peut intervenir pour soutenir les obligations françaises si nécessaire. L'Allemagne et les autres partenaires européens ont intérêt à éviter une crise française qui déstabiliserait l'ensemble de la zone euro. Ces mécanismes de sécurité expliquent pourquoi Matthias Baccino n'anticipe pas de faillite française imminente, malgré la gravité de la situation.
1
Préparer sa retraite personnellement
Le système par répartition n'est pas soutenable. Les Français doivent absolument investir pour leur retraite via PEA, assurance-vie, investissements diversifiés. Quel que soit l'âge, il existe des solutions adaptées. Ne pas compter uniquement sur l'État.
2
Diversifier son patrimoine
Au-delà du MSCI World : intégrer Europe, PME, marchés émergents, différents secteurs. Ne pas concentrer uniquement sur tech américaine. Répartition géographique et sectorielle essentielle pour réduire les risques.
Pour les Français investisseurs, deux priorités émergent clairement selon Matthias Baccino. La première est la préparation individuelle de la retraite. Face à un système public défaillant, chacun doit prendre ses responsabilités et construire une épargne retraite complémentaire. Les outils existent : PEA, assurance-vie, plans d'investissement réguliers dans des ETF diversifiés. L'important est de commencer, quel que soit le montant disponible.
La seconde priorité concerne la diversification du patrimoine, sujet central déjà évoqué mais particulièrement crucial pour les épargnants français. Trop souvent concentrés sur l'immobilier et l'assurance-vie en fonds euros, les Français doivent s'ouvrir aux marchés actions internationaux de manière intelligente et diversifiée. Cette ouverture ne signifie pas prendre des risques inconsidérés, mais au contraire mieux répartir les risques en évitant la concentration excessive.
Malgré les critiques sévères sur la gestion publique, Matthias Baccino se montre optimiste sur les fondamentaux français à long terme. La population française reste jeune comparée aux autres pays européens, qualifiée et entrepreneuriale. L'énergie nucléaire constitue un atout stratégique majeur. La montée en puissance de la culture financière chez les jeunes Français, illustrée par une hausse de 117% du nombre d'investisseurs en ETF en 2025, laisse espérer un changement profond des mentalités.
L'expert anticipe même que la décennie 2030 pourrait être une décennie de dérégulation et de libération du potentiel économique français et européen. La question reste de savoir si cette transformation se fera dans la douleur, imposée de l'extérieur par les institutions internationales, ou de manière ordonnée sous l'impulsion de réformes internes. Dans tous les cas, Matthias Baccino appelle à rester en France, à se battre pour faire évoluer les mentalités et les politiques, plutôt que de capituler en s'expatriant.
Section 11
Les risques systémiques à anticiper
Au-delà des risques conjoncturels évoqués précédemment, Matthias Baccino identifie plusieurs événements potentiels qui pourraient déclencher un véritable marché baissier en 2026, bien différent d'une simple correction technique. Ces "cygnes noirs" méritent d'être identifiés, même si leur probabilité reste faible, car leurs conséquences pourraient être dévastatrices pour les portefeuilles non préparés.
Le premier risque systémique concerne l'indépendance de la Réserve fédérale américaine. Si les marchés perdaient confiance dans l'autonomie de la Fed vis-à-vis du pouvoir politique, les conséquences seraient catastrophiques. Une telle perte de confiance pourrait entraîner un effondrement du dollar et déclencher une réaction en chaîne sur l'ensemble du système financier mondial. La nomination du futur président de la Fed par Donald Trump constituera donc un moment de vérité crucial.
Perte de confiance dans la Fed
Si l'indépendance de la banque centrale américaine est remise en cause par des interventions politiques, le dollar pourrait s'effondrer. Conséquences en chaîne sur système financier mondial. Surveiller nomination futur président Fed et déclarations Trump.
Rupture technologique dans l'IA
Si une nouvelle technologie d'IA rend obsolètes les milliers de milliards investis dans infrastructures actuelles avant rentabilisation, catastrophe pour marchés. Risque faible mais impact potentiel énorme sur valorisations tech.
Escalade militaire en Europe
Comportement agressif russe pourrait dégénérer en conflit élargi. Impact massif sur économie européenne, chaînes approvisionnement, confiance des investisseurs. Surveillance géopolitique constante nécessaire.
Échec plans de relance
Si programmes américain, allemand ou chinois ne produisent pas résultats escomptés, perte d'un moteur majeur de croissance. Désillusion marchés et correction potentielle. Suivre indicateurs économiques trimestriels.
Le deuxième risque systémique identifié concerne une rupture technologique dans l'intelligence artificielle. Des milliers de milliards de dollars ont été investis dans la création d'infrastructures d'IA : data centers, serveurs, réseaux électriques dédiés. Si une nouvelle génération de technologie d'IA rendait ces investissements obsolètes avant leur rentabilisation, les valorisations des entreprises technologiques s'effondreraient. Ce scénario reste peu probable mais ne peut être totalement écarté.
Le troisième risque systémique porte sur une escalade militaire en Europe. La Russie maintient une posture agressive qui pourrait conduire à un élargissement des conflits actuels. Une guerre impliquant directement des pays de l'OTAN aurait des conséquences économiques dramatiques pour l'Europe et perturberait profondément les chaînes d'approvisionnement mondiales. Bien que personne ne souhaite un tel scénario, l'ignorer serait irresponsable.
Les corrections de marché techniques, de l'ordre de 10 à 15%, restent possibles et même probables à un moment de l'année 2026. Les marchés se trouvent à des niveaux historiquement élevés, ce qui augmente statistiquement la probabilité d'un repli temporaire. Ces corrections font partie du fonctionnement normal des marchés et ne doivent pas effrayer l'investisseur de long terme. Elles peuvent même offrir des opportunités d'achat à des valorisations plus attrayantes.
Face à ces risques, Matthias Baccino recommande une approche pragmatique : ne pas céder à la panique ni à l'optimisme béat. La diversification reste la meilleure protection contre ces risques systémiques. Un portefeuille équilibré géographiquement et sectoriellement absorbe mieux les chocs qu'un portefeuille concentré. Maintenir une petite réserve de liquidités permet également de saisir les opportunités qui apparaissent lors des corrections.
L'expert insiste également sur l'importance de maintenir une perspective de long terme. Les investisseurs qui ont paniqué et vendu lors des crises précédentes (2008, 2020) ont systématiquement sous-performé ceux qui ont maintenu leurs positions ou, mieux encore, renforcé leurs investissements pendant les périodes de turbulence. L'histoire boursière démontre que les marchés finissent toujours par se redresser, récompensant la patience et la discipline des investisseurs de long terme.
Section 12
Intelligence artificielle : l'adoption comme catalyseur
Le défi de la diffusion
L'intelligence artificielle représente un enjeu majeur pour 2026, mais sous un angle différent de celui de 2025. Alors que 2025 a vu des investissements massifs dans les infrastructures d'IA (data centers, puces, réseaux), 2026 devra démontrer que ces investissements se traduisent par une adoption réelle dans les entreprises et des gains de productivité mesurables.
Matthias Baccino rappelle un chiffre essentiel : pour obtenir 1% de croissance économique supplémentaire en Europe grâce à l'IA, 70% des entreprises doivent avoir intégré cette technologie dans leurs processus. Or, actuellement, seulement 10% des petites entreprises et 30% des grandes entreprises l'ont fait. Le chemin à parcourir reste donc considérable, et l'année 2026 sera cruciale pour évaluer si cette diffusion s'accélère comme attendu.
Les investissements dans l'IA ont littéralement sauvé l'économie américaine d'une récession en 2025. Selon le cycle économique normal, après une période de hausse des taux comme celle vécue en 2022-2023, une récession aurait dû survenir. Seuls les milliers de milliards investis dans les infrastructures d'IA ont soutenu l'activité suffisamment pour éviter cette contraction. Cette situation soulève des questions sur la durabilité du modèle si l'adoption ne suit pas.
Phase 1 : investissements massifs (2023-2025)
Création infrastructures : data centers, puces, réseaux électriques. Investissements de milliers de milliards de dollars par hyperscalers. Développement modèles d'IA par géants technologiques.
Phase 2 : adoption entreprises (2026-2027)
Diffusion technologie dans économie réelle. Formation employés, adaptation processus, gains productivité. Phase critique pour rentabiliser investissements initiaux.
Phase 3 : transformation économique (2028+)
IA devient standard dans toutes industries. Gains productivité généralisés, nouveaux modèles d'affaires. Transformation profonde de l'économie mondiale.
Pour suivre cette adoption, Matthias Baccino recommande d'observer attentivement les résultats trimestriels des entreprises non technologiques. Si ces entreprises commencent à améliorer significativement leurs marges et leur productivité grâce à l'utilisation de l'IA, ce sera le signal que la technologie se diffuse réellement dans l'économie. Ce critère permettra de distinguer l'effet d'annonce marketing du changement structurel réel.
Les secteurs qui devraient bénéficier le plus rapidement de cette adoption incluent les services professionnels (comptabilité, juridique, conseil), où l'IA peut automatiser de nombreuses tâches répétitives. Le secteur financier explore également activement l'utilisation de l'IA pour l'analyse de risque, la détection de fraude et le conseil client. L'industrie manufacturière pourrait voir des gains substantiels dans l'optimisation de production et la maintenance prédictive.
Le secteur de la santé représente un cas particulièrement intéressant. L'IA promet d'accélérer considérablement le développement de nouveaux médicaments, d'améliorer la précision des diagnostics et de personnaliser les traitements. Si ces promesses se concrétisent en 2026, le secteur de la santé, actuellement sous-valorisé, pourrait connaître un rebond important. L'intersection entre santé et IA constitue donc une thématique d'investissement particulièrement attractive.
Cependant, Matthias Baccino met en garde contre une bulle potentielle dans certains segments liés à l'IA, particulièrement dans les cryptomonnaies alternatives (altcoins) qui se positionnent sur cette thématique sans valeur réelle sous-jacente. Il établit une distinction claire : dans l'IA elle-même, il n'y a pas de bulle mais des investissements massifs justifiés par un potentiel réel. En revanche, dans certains actifs spéculatifs prétendant bénéficier de l'IA, des excès de valorisation existent clairement.
Section 13
Or, cryptomonnaies et actifs alternatifs
L'or a connu une progression spectaculaire en 2025, atteignant des sommets historiques. Matthias Baccino analyse cette hausse comme le reflet d'une perte partielle de confiance dans le dollar, notamment de la part des banques centrales qui ont massivement acheté de l'or pour diversifier leurs réserves. Cette tendance soulève des questions importantes sur la stabilité du système monétaire international actuel.
Pour 2026, les analystes anticipent une poursuite de la hausse de l'or, avec des prévisions autour de 5000 dollars l'once, mais pas une progression aussi spectaculaire qu'en 2025. L'or devrait continuer à jouer son rôle traditionnel de valeur refuge, particulièrement si les tensions géopolitiques persistent ou si l'inflation repart à la hausse. Cependant, Matthias Baccino souligne qu'une continuation de la hausse spectaculaire de l'or ne serait pas nécessairement une bonne nouvelle pour l'économie mondiale.
L'or en 2026
  • Progression attendue mais modérée
  • Objectif analystes : 5000 dollars/once
  • Rôle de valeur refuge maintenu
  • Diversification via allocation modérée
  • Signal de méfiance envers dollar
Bitcoin et cryptos
  • Bitcoin : investissement mensuel recommandé
  • Statut incertain entre refuge et spéculation
  • Altcoins : bulle spéculative avérée
  • Attention aux valorisations excessives
  • Pas d'ETF Bitcoin autorisés en Europe
Métaux industriels
  • Argent : conducteur électrique essentiel
  • Cuivre : électrification de l'économie
  • Terres rares : technologies vertes et électronique
  • Demande structurelle liée à transition énergétique
  • Exposition via ETF spécialisés possible
Concernant les cryptomonnaies, Matthias Baccino adopte une position nuancée. Il investit personnellement dans le Bitcoin de manière régulière et modeste, considérant que cette allocation fait partie d'une diversification raisonnable. Cependant, il reste prudent quant au statut du Bitcoin, qui n'a pas encore clairement démontré sa capacité à jouer le rôle de valeur refuge dans les moments de tension. Le comportement récent du Bitcoin suggère qu'il reste davantage un actif spéculatif qu'une véritable alternative au dollar ou à l'or.
L'expert se montre beaucoup plus critique envers les altcoins, ces cryptomonnaies alternatives au Bitcoin. Il identifie une véritable bulle spéculative dans ce segment, avec des valorisations déconnectées de toute valeur réelle sous-jacente. Contrairement à l'intelligence artificielle où les investissements massifs correspondent à des infrastructures réelles et tangibles, de nombreux altcoins ne reposent sur aucun fondamental économique solide. La prudence s'impose donc fortement sur ce segment.
Trade Republic, l'entreprise que représente Matthias Baccino, propose du Bitcoin réel plutôt que des ETF Bitcoin. Cette approche répond à une demande client tout en évitant les complications réglementaires européennes, puisque les ETF Bitcoin ne sont actuellement pas autorisés en Europe. Cette position pragmatique permet aux investisseurs d'accéder à cette classe d'actifs tout en conservant la flexibilité et la transparence du Bitcoin direct.
Au-delà de l'or et des cryptos, Matthias Baccino évoque brièvement d'autres actifs alternatifs qui pourraient jouer un rôle en 2026. L'argent métal, excellent conducteur électrique, devrait bénéficier de l'électrification de l'économie, tout comme le cuivre. Ces métaux industriels offrent une exposition indirecte à la transition énergétique et au développement de l'intelligence artificielle, qui nécessitent d'immenses quantités de conducteurs électriques.
Les terres rares, essentielles à la fabrication de nombreux composants électroniques et de technologies vertes, constituent également une thématique d'investissement pertinente à long terme. Cependant, Matthias Baccino met en garde contre la volatilité importante de ces actifs et recommande de les intégrer uniquement dans une logique de diversification, avec une allocation limitée du portefeuille global. Des ETF spécialisés permettent d'accéder à ces thématiques sans avoir à sélectionner des entreprises individuelles.